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Notre perception de la récolte 2017 en Vallée du Rhône

Si la région a été, pour l’essentiel épargnée par les problèmes de qualité du millésime 2017 qui ont affecté nombre de régions d’Appellations en France et en Europe, elle a subi en revanche un problème quantitatif sérieux.

Les effets ne se font pas encore trop sensiblement fait sentir sur les prix à la propriété, du fait des réserves en millésimes 2015 et surtout 2016, sauf sur les vins d’entrée de gamme. Mais la faible récolte générale en France va se reporter bientôt sur la région du Rhône également par effet domino.

 

 

Le Sud de la Vallée (Vaucluse, Gard, Drôme Provençale et Sud de l’Ardèche)

 

Récolte précoce (environ 15 jours plus tôt que la moyenne des années précédentes). Etat sanitaire remarquable de la vendange, homogénéité de la qualité du millésime.

Déficit quantitatif de -20% à -40% voire -50%. Secteurs principalement touchés : le Gard (Lirac, Tavel, région de Remoulins), le sud du Vaucluse (Ventoux, Lubéron) et le Nord (plaine autour de Suze la Rousse et Ste Cécile les Vignes). En revanche la région de l’Enclave des Papes, les versants des Dentelles de Montmirail, le sud de l’Ardèche et de la Drôme ont été épargnés (récolte normale ou -10%).

Ce déficit est dû principalement à la coulure, voire au millerandage, provoqués non pas par une mauvaise floraison, mais plus tôt dans la saison par de très basses températures.

La région a en effet frôlé le gel les 20 et 21 Avril, ce qui a eu pour conséquence l’étiolement des jeunes pousses. Si la fleur s’est déroulée normalement ensuite, le mal était déjà fait, et la faiblesse de la récolte a été accentuée par la sècheresse inhabituelle (aucune précipitation de fin mai jusqu’aux vendanges, sauf au pied des dentelles de Montmirail) Gigondas et Vacqueyras qui ont connu quelques précipitations fin Août et mi-Septembre. Les pluies d’équinoxe, qui ont été absentes sur la région cette année, seraient arrivées trop tard de toute façon compte tenu de la précocité des vendanges.
Les blancs ont été aussi affectés que les rouges en rendement. A titre anecdotique, il semble, qui plus est, que les sangliers aient une prédilection croissante pour les raisins blancs, notamment le Viognier, leur population augmentant et la nourriture devenant insuffisante dans la garrigue.

Qualité : Au 20 Octobre les vins ont terminé leur fermentation alcoolique, sauf exception, et beaucoup de fermentations malolactiques sont encore en cours.

Contrairement à ce que l’on aurait pu craindre, les vins déjà dégustés sont sur le fruit et pas trop structurés du fait de la sécheresse. Seuls bémols : ici et là, des vignes ayant subi un sérieux stress hydrique ont produit des raisins ayant eu du mal à murir, engendrant, du fait de cette maturation bloqué, des vins un peu étriqués ; quelques risques ponctuels également d’une récolte trop hâtive (peur compréhensible chez quelques vignerons de perdre leur récolte déjà faible, en raison des fortes chaleurs de fin d’été.)

Mais l’ensemble du millésime semble d’un très bon niveau de qualité, n’ayant rien à envier aux deux précédents millésimes.

 

 

 

Le Nord de la Vallée

 

Précocité : 10 à 15 jours plus tôt que la normale

Précipitations : peu abondantes mais un peu plus régulières par quelques orages au mois d’Aout et début Septembre dont le Sud n’a pas bénéficié. En revanche il n’y a pas de réserves d’eau.

Rendements : Presque normaux en Côte Rôtie (-10%), Petite récolte en Condrieu (-30 à -40%) principalement à cause des gelées printanières. En Crozes-Hermitage et en St Joseph rouge on anticipe une récolte inférieure de -10 à -15% en volume. Les rendements en Marsanne et Roussanne ont également été affectés par une très belle récolte 2016 qui a puisé sur les réserves des vignes.

Qualité : Les premiers rouges déjà dégustés dans le Nord présagent un joli millésime, proche en qualité de 2015, voire de 2009, assez solaire, puissant et de garde. Les vins sont structurés fruités et de couleur intense.

       Les blancs seront également remarquables.

 

 

Le millésime 2017 étant maintenant complètement rentré en caves, l’inquiétude des vignerons se porte sur les perspectives de la récolte future. En effet, compte tenu de l’absence des pluies habituelles de Septembre et Octobre, les mises en réserve de la vigne vont se faire difficilement. La nature des sols – plus ou moins argileux – et la présence ou non d’un goutte-à-goutte influeront beaucoup sur la capacité des plantes à se régénérer.